21.09.25

Jaipur

✴︎ quelques profondeurs de mes méandres internes ✴︎

Aujourd’hui, je n’ai pas envie d’écrire sur ce que j’ai vu, sentie, entendue ou goûtée, j’ai envie d’écrire sur ce qui me traverse.

Ce matin, je croise au petit-déjeuner de mon auberge un couple de français, et encore une fois, je reçois de pleine face leurs préjugés lancinants confinés dans leur peur du monde. Quelle piqûre de bravoure ou d’inconscience peut bien amener une jeune femme blanche à voyager toute seule dans ces lieux hostiles ? (Je caricature certe le propos, mais la substance est là). Je n’y suis pas spécialement poreuse et suis plutôt habituée à la chose, mais tout de même, cela m’interpelle. Nous ne sommes plus sur le territoire français, les fantasmes et les peurs de ce lieu étranger laissent place au réel, à l’expérience des sens, cela ne semble pourtant n’avoir que peu d’impact.

Je ne comprends pas pourquoi mon ressenti est si étranger aux sentiments des autres. Le poids de l’expérience, de la culture et des injonctions médiatiques devrait pourtant suffire à combler ma quête de compréhension. Mais je cherche avant tout une correspondance à ma lecture sensitive du monde, et j’y échoue lamentablement à chaque nouvelle rencontre.

Je me permets de citer une énième fois ma bien-aimée autrice :

« Car il existe toujours un écran entre soi et la réalité, auquel aucun individu ne peut – et ne pourra jamais – échapper. Ceux qui pensent le contraire, qui imaginent pouvoir atteindre la vérité, l’authenticité d’un lieu, d’une culture – ou au moins s’en sortir mieux que les autres – ne font que se mentir à eux-mêmes.« 

Lucie Azema

Une claque d’humilité fait toujours le plus grand bien à l’apprentie voyageuse que je prétends être. Loin de moi l’idée d’affirmer que mon écran de fumée soit plus réel, plus vrai que celui des autres, mais force est de constater qu’il est à minima bien différent. Ressens-je l’épaisseur de l’écran qui les séparent du monde aussi fort qu’ils ressentent le mien ? Une réponse à laquelle je n’aurais probablement jamais accès, il ne me reste plus que mes illusions de moi-même dans lesquelles me bercer lentement. Une bien sombre perspective.

J’espère que ce billet, un peu différent des autres, n’aura pas totalement perdu mes lecteurs (un peu me suffit), et qu’il résonnera tout de même dans quelques esprits.

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Une réponse à « 21.09.25 »

  1. Avatar de H&M
    H&M

    No problem! Continue ! On te suit passionnément ! Kisses / H&M

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  • 13.01.25

    l’odeur des herbes desséchées par le soleil – le brouhaha incessant de l’euphorie indienne – l’immensité magistrale de la prouesse humaine – les souffle coupé devant tant de beauté

  • 08.01.26

    l’odeur du feu de bois qui embaume les confidences – le silence enveloppant d’une cité oubliée – la lumière dorée qui caresse la pierre chaude – le goût acidulé de l’enfance qui fond sous la langue

  • 06.01.26

    le goût de l’odeur d’une tasse en argile – le tintement des cloches des pèlerins – les couleurs des saris et des légumes qui se confondent – les dattes agglutinées de sucre qui collent aux doigts

  • 04.01.26

    l’odeur des premières fleurs de bougainvillier – les enceintes du temple qui grésillent à pleins poumons – le palais illuminé aperçu au loin – le goût unique de l’Inde du Nord

  • 01.01.26

    le calme retrouvé d’une petite ville de campagne – la lumière dorée de fin de journée qui éclaire délicatement les dizaines de temples autour de moi – la douceur sucrée à base de date et de noix de cajou dont j’ignore le nom

  • 29.12.25

    le tableau vivant des bateaux qui ondulent sur l’eau du gange – la brume hivernale qui recouvre la ville – le goût unique du malayo, fondant et aérien – la nostalgie d’un endroit que je n’ai pas encore quitté

  • 11.12.25

    l’odeur de l’encens – le cliquetis feutré des malas – les paysages poussiéreux du Bihar – le goût salé et laiteux du pocha, le thé au beurre tibétain

  • 06.12.25

    le bruit de la ville qui ne s’arrête jamais – les tata trucks peinturlurés de tous côtés – le goût du marché aux fleurs

  • 31.11.25

    l’air pur des montagnes si précieux en Inde – la mélodie d’une flûte qui monte tendrement – les sommets himalayens qui se dévoilent à travers la brume – la tasse de thé fumante qui luit de ses reflets dorés

  • 26.11.25

    le manque de l’Inde

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