18.09.25

Jaipur

✴︎ l’odeur de l’essence – la musique américaine à fond dans la voiture – le coucou des enfants qui se rendent en bus a l’école – un repas partagé par terre à l’indienne ✴︎

Aujourd’hui était une journée complètement folle, je me sens tellement bien ici.

Mais j’aimerais commencer ce billet par un extrait de ma lecture matinale :

« Chacune et chacun de nous possède ces lieux, comme des plissures sur les bords de la mémoire, agissant comme des forces souterraines ; des territoires qui nous ont fait des promesses, qui nous ont structurés, qui vivent en nous et qui ont cristallisé nos représentations du monde« 

– Lucie Azema, Nous avons besoin d’un ailleurs qui n’existe pas

Lucie Azema, toujours aussi juste dans sa finesse de perception. Je ressens les plissures de l’Inde si profondément dans ma chair, et ce depuis bien longtemps.

Chose promise, chose due, je commence ma journée par mon spot chaï préféré, le thé fumant est toujours aussi délicieux, et les indiens matinaux déjà installés sont avides de conversation. Mais je n’ai pas le temps de m’attarder, mon ami Ayan vient me chercher en scooter pour me faire visiter la ville (pardon Henri, promis je mets un casque et je suis prudente).

Nous circulons entre vaches, tuk-tuks, bus scolaires et bien d’autres véhicules, et entrons enfin dans la ville Rose. Les magnifiques murailles, maisons et bâtiments qui la compose, toutes de rose vêtue, sont d’une minutie et d’une délicatesse architecturale époustouflante. Nous pouvons apercevoir au loin le fort d’Amber qui domine la ville, nous aurons peut être l’occasion d’y aller demain. Ce trajet me donne un premier aperçu de la ville et m’immerge totalement dans la frénésie jaipurienne.

Ayan m’emmène dans un cimetière ou les princes et princesses jaipuriennes d’un autre temps reposent, le lieu est magnifique, entouré de montagne et surplombant la ville, on ne se sent plus du tout oppressé par l’effervescence indienne. Le lieu est calme, les énergies sont fortes, quelques indiens qui dorment ou se recueillent, pas un touriste à l’horizon.

La chaleur commence doucement à se faire sentir, nous filons en scooter visiter un atelier de fabrication de bijoux. Jaipur est connue pour son industrie textile et joaillière d’une très grande qualité, et surtout très accessible pour les grandes marques.

La famille d’Ayan possède une entreprise textile et joaillière reconnue dans la région, il me fait ainsi visiter leurs ateliers, puis nous nous rendons ensuite dans la boutique principale où je rencontre sa famille et ses amis, une vraie entreprise familiale. Une chose est sûre, la culture de l’hospitalité est bien présente en Inde, nous avons à en prendre de la graine, définitivement !

Nous partageons un repas tous ensemble, sur le tapis, venue tout droit de la maison familiale, et nous passons les heures les plus chaudes au frais dans la boutique. Un dernier chaï tous ensemble à notre petite adresse, et je rentre à mon auberge pour souffler après cette longue journée.

Ce soir je partage ma chambre avec un coréen, tout fraîchement arrivée, très sympa, je me découvre des compétences sociales insoupçonnés.

J’ai hâte d’arpenter demain les longues rues roses à pied, mais pour l’instant je me recharge de toutes ces nouvelles images en tête.

✴︎✴︎✴︎

Une réponse à « 18.09.25 »

  1. Avatar de Yann
    Yann

    Sympa, une vraie rencontre!

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  • 13.01.25

    l’odeur des herbes desséchées par le soleil – le brouhaha incessant de l’euphorie indienne – l’immensité magistrale de la prouesse humaine – les souffle coupé devant tant de beauté

  • 08.01.26

    l’odeur du feu de bois qui embaume les confidences – le silence enveloppant d’une cité oubliée – la lumière dorée qui caresse la pierre chaude – le goût acidulé de l’enfance qui fond sous la langue

  • 06.01.26

    le goût de l’odeur d’une tasse en argile – le tintement des cloches des pèlerins – les couleurs des saris et des légumes qui se confondent – les dattes agglutinées de sucre qui collent aux doigts

  • 04.01.26

    l’odeur des premières fleurs de bougainvillier – les enceintes du temple qui grésillent à pleins poumons – le palais illuminé aperçu au loin – le goût unique de l’Inde du Nord

  • 01.01.26

    le calme retrouvé d’une petite ville de campagne – la lumière dorée de fin de journée qui éclaire délicatement les dizaines de temples autour de moi – la douceur sucrée à base de date et de noix de cajou dont j’ignore le nom

  • 29.12.25

    le tableau vivant des bateaux qui ondulent sur l’eau du gange – la brume hivernale qui recouvre la ville – le goût unique du malayo, fondant et aérien – la nostalgie d’un endroit que je n’ai pas encore quitté

  • 11.12.25

    l’odeur de l’encens – le cliquetis feutré des malas – les paysages poussiéreux du Bihar – le goût salé et laiteux du pocha, le thé au beurre tibétain

  • 06.12.25

    le bruit de la ville qui ne s’arrête jamais – les tata trucks peinturlurés de tous côtés – le goût du marché aux fleurs

  • 31.11.25

    l’air pur des montagnes si précieux en Inde – la mélodie d’une flûte qui monte tendrement – les sommets himalayens qui se dévoilent à travers la brume – la tasse de thé fumante qui luit de ses reflets dorés

  • 26.11.25

    le manque de l’Inde

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