13.01.25

Aurangabad

✴︎ l’odeur des herbes desséchées par le soleil – le brouhaha incessant de l’euphorie indienne – l’immensité magistrale de la prouesse humaine – les souffle coupé devant tant de beauté ✴︎

Ce matin, je me rends à Aurangabad, au carrefour de deux des merveilles de ce monde encore pourtant bien méconnues : les caves d’Ajanta et d’Ellora, au cœur du Maharashtra. Creusées au XIe siècle après JC, nous avons bien de la peine à comprendre comment un tel ouvrage a pu être réalisé il y a de cela quinze siècles, prouesse de l’histoire, il suffit de le voir de ses yeux pour en être stupéfait.

De tous les joyaux que j’ai admirés durant ces quelques jours, le temple Kailasa d’Ellora fut sans doute le plus saisissant de tous, me laissant sans voix. Je ne pense pas être capable de retranscrire par ces lignes la majestuosité de la chose, les quelques photos qui accompagnent ce billet éclaireront sans doute mon propos : une cavité démentielle, creusée à la main dans un seul et même bloc de pierre, des parois infiniment hautes se dressant au-dessus de nos têtes, une imposante antichambre finement ciselée qui protège en son sein le lingam sacré, des éléphants de marbre soutenant lourdement la demeure divine, un sentiment de n’être qu’infiniment petit parmi ce monde, parmi ces déités qui prennent ici toute la place.

Cette immensité en est étourdissante. J’ai par ailleurs, ce jour-là, battu un record personnel de demandes de selfies ; il me fallut user de stratagèmes pour échapper aux groupes scolaires d’adolescents enhardis, me faufilant rapidement dans la pénombre protectrice des cavités délicieusement ornées.

Et pourtant, ce qui toucha le plus délicatement mon cœur, le caressant avec une infinie subtilité, ce ne furent pas les grandioses et resplendissantes caves d’Ellora, mais une centaine de kilomètres plus loin, à Ajanta, dans la pénombre de caves plus intimes, dont les peintures murales protégées par l’obscurité ont merveilleusement résisté au passage du temps, offrant le plus grand recueillement aux moines bouddhistes qui les ont occupées.

Ce fut sans doute moins spectaculaire qu’une beauté magistrale, mais c’est à mon sens bien plus pénétrant. Totalement chamboulée par tant de beauté et de profondeur, troublée au plus profond de mon être, une impression d’être dans un rêve. J’en suis restée sans voix, totalement sans voix, perdue dans mon émerveillement.

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  • 13.01.25

    l’odeur des herbes desséchées par le soleil – le brouhaha incessant de l’euphorie indienne – l’immensité magistrale de la prouesse humaine – les souffle coupé devant tant de beauté

  • 08.01.26

    l’odeur du feu de bois qui embaume les confidences – le silence enveloppant d’une cité oubliée – la lumière dorée qui caresse la pierre chaude – le goût acidulé de l’enfance qui fond sous la langue

  • 06.01.26

    le goût de l’odeur d’une tasse en argile – le tintement des cloches des pèlerins – les couleurs des saris et des légumes qui se confondent – les dattes agglutinées de sucre qui collent aux doigts

  • 04.01.26

    l’odeur des premières fleurs de bougainvillier – les enceintes du temple qui grésillent à pleins poumons – le palais illuminé aperçu au loin – le goût unique de l’Inde du Nord

  • 01.01.26

    le calme retrouvé d’une petite ville de campagne – la lumière dorée de fin de journée qui éclaire délicatement les dizaines de temples autour de moi – la douceur sucrée à base de date et de noix de cajou dont j’ignore le nom

  • 29.12.25

    le tableau vivant des bateaux qui ondulent sur l’eau du gange – la brume hivernale qui recouvre la ville – le goût unique du malayo, fondant et aérien – la nostalgie d’un endroit que je n’ai pas encore quitté

  • 11.12.25

    l’odeur de l’encens – le cliquetis feutré des malas – les paysages poussiéreux du Bihar – le goût salé et laiteux du pocha, le thé au beurre tibétain

  • 06.12.25

    le bruit de la ville qui ne s’arrête jamais – les tata trucks peinturlurés de tous côtés – le goût du marché aux fleurs

  • 31.11.25

    l’air pur des montagnes si précieux en Inde – la mélodie d’une flûte qui monte tendrement – les sommets himalayens qui se dévoilent à travers la brume – la tasse de thé fumante qui luit de ses reflets dorés

  • 26.11.25

    le manque de l’Inde

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