Aurangabad
✴︎ l’odeur des herbes desséchées par le soleil – le brouhaha incessant de l’euphorie indienne – l’immensité magistrale de la prouesse humaine – les souffle coupé devant tant de beauté ✴︎

Ce matin, je me rends à Aurangabad, au carrefour de deux des merveilles de ce monde encore pourtant bien méconnues : les caves d’Ajanta et d’Ellora, au cœur du Maharashtra. Creusées au XIe siècle après JC, nous avons bien de la peine à comprendre comment un tel ouvrage a pu être réalisé il y a de cela quinze siècles, prouesse de l’histoire, il suffit de le voir de ses yeux pour en être stupéfait.
De tous les joyaux que j’ai admirés durant ces quelques jours, le temple Kailasa d’Ellora fut sans doute le plus saisissant de tous, me laissant sans voix. Je ne pense pas être capable de retranscrire par ces lignes la majestuosité de la chose, les quelques photos qui accompagnent ce billet éclaireront sans doute mon propos : une cavité démentielle, creusée à la main dans un seul et même bloc de pierre, des parois infiniment hautes se dressant au-dessus de nos têtes, une imposante antichambre finement ciselée qui protège en son sein le lingam sacré, des éléphants de marbre soutenant lourdement la demeure divine, un sentiment de n’être qu’infiniment petit parmi ce monde, parmi ces déités qui prennent ici toute la place.
Cette immensité en est étourdissante. J’ai par ailleurs, ce jour-là, battu un record personnel de demandes de selfies ; il me fallut user de stratagèmes pour échapper aux groupes scolaires d’adolescents enhardis, me faufilant rapidement dans la pénombre protectrice des cavités délicieusement ornées.

Et pourtant, ce qui toucha le plus délicatement mon cœur, le caressant avec une infinie subtilité, ce ne furent pas les grandioses et resplendissantes caves d’Ellora, mais une centaine de kilomètres plus loin, à Ajanta, dans la pénombre de caves plus intimes, dont les peintures murales protégées par l’obscurité ont merveilleusement résisté au passage du temps, offrant le plus grand recueillement aux moines bouddhistes qui les ont occupées.
Ce fut sans doute moins spectaculaire qu’une beauté magistrale, mais c’est à mon sens bien plus pénétrant. Totalement chamboulée par tant de beauté et de profondeur, troublée au plus profond de mon être, une impression d’être dans un rêve. J’en suis restée sans voix, totalement sans voix, perdue dans mon émerveillement.
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