29.12.25

Varanasi

✴︎ le tableau vivant des bateaux qui ondulent sur l’eau du gange – la brume hivernale qui recouvre la ville – le goût unique du malayo, fondant et aérien – la nostalgie d’un endroit que je n’ai pas encore quitté ✴︎

De retour à Varanasi, comme l’impression d’être de nouveau à la maison, cela m’avait manqué ! Un sentiment d’être chez soi, comme une évidence, cette sensation est quand même magique.

C’est un réconfort si profond, de savoir que ce lieu existe dans le monde, et qu’il sera toujours là, imperméable aux années, pour m’accueillir dans les plus grands moments de doute, de confusion, de perte de repères, de deuil, d’épreuve de vie. De savoir que cette ville sera toujours là, pour me donner ce dont j’ai besoin, me retourner le ventre à plusieurs fois, m’apporter la justesse de réponse de mes plus profonds questionnements.

J’ai trouvé quelque chose ici, c’est certain. Frôlé du bout des doigts une profondeur de vie, de ma vie, de ce qui nous entoure. Une vibration dont je ne savais pas avoir si cruellement besoin. J’y ai trouvé un refuge, une maison, une intensité de vie inégalable. La vibration est si forte, et pourtant on s’y habitue si vite, je ressens l’accoutumance. Comment vais-je faire pour m’en passer ? Comment vibrer sans l’Inde et sa pulsation ultime ? Je crois que j’en serais bien incapable. Je suis condamné à y revenir, indéfiniment, me voilà tracer un bien réjouissant destin.

Avoir 20 ans à Varanasi, c’est finalement tout ce dont j’ai toujours eu besoin.

Alors j’y ai pris mon temps, et les jours ont défilé les uns après les autres avec un naturel déconcertant, rythmés par de nouvelles habitudes, de nouvelles rencontres qui deviennent des visages quotidiens, des heures à observer le gange. C’est un plaisir très particulier, de retrouver une routine dans un lieu que l’on habite que pour un temps. Ma vie ici est d’une lenteur absolue – et j’adore ça. Un bonheur intime et langoureux.

Le départ fut difficile, savoir que je n’y reviendrais pas durant ce voyage le rend particulièrement piquant, et m’a fait retarder mon départ à plusieurs fois.

Mais je reviendrais mon amour, je reviendrais. Tant de fois dans cette vie qu’on ne pourra les compter.

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  • 29.12.25

    le tableau vivant des bateaux qui ondulent sur l’eau du gange – la brume hivernale qui recouvre la ville – le goût unique du malayo, fondant et aérien – la nostalgie d’un endroit que je n’ai pas encore quitté

  • 11.12.25

    l’odeur de l’encens – le cliquetis feutré des malas – les paysages poussiéreux du Bihar – le goût salé et laiteux du pocha, le thé au beurre tibétain

  • 06.12.25

    le bruit de la ville qui ne s’arrête jamais – les tata trucks peinturlurés de tous côtés – le goût du marché aux fleurs

  • 31.11.25

    l’air pur des montagnes si précieux en Inde – la mélodie d’une flûte qui monte tendrement – les sommets himalayens qui se dévoilent à travers la brume – la tasse de thé fumante qui luit de ses reflets dorés

  • 26.11.25

    le manque de l’Inde

  • 23.11.25

    la pollution qui asphyxie mes poumons – la cacophonie de la ville – des murs imprégnés de rêves – le plaisir exquis d’une part de gâteau trop sucrée

  • 20.11.25

    comme un goût d’artificiel

  • 11.11.25

    les premières effluves de cuisine népalaise – le tintement du carillon sous la brise – les montagnes qui se découpent, telles des ombres chinoises, partout à l’horizon – le goût des momos tibétains qui fondent dans la bouche

  • 07.11.25

    de l’Inde au Népal

  • 06.11.25

    l’odeur fumeuse de la ville – le tintement joyeux des grelots secoués – les flammes hypnotiques qui dansent, toute la nuit durant

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