Katmandou
✴︎ la pollution qui asphyxie mes poumons – la cacophonie de la ville – des murs imprégnés de rêves – le plaisir exquis d’une part de gâteau trop sucrée ✴︎

Arrivée à Katmandou, je m’y sens tout de suite bien, ces grandes villes chaotiques et pollués, étrangement, je crois que cela me plaît. En Inde aussi, c’est là où je retrouve ces ambiances qui me transportent tant. J’ai cette impression, dans ces grandes capitales fourmillantes, d’avoir un aperçu brut, sans filtres et sans vernis du lieu que j’arpente, de m’y imprégner totalement, dans toute son euphorie, sa décadence et sa brutalité. Les villes ne mentent pas, elles n’arrondissent pas les angles, elles se présentent tels qu’elles sont, sans détour, et abritent les drames et les rêves des millions d’âmes qui les habitent.
Dans cette grande capitale népalaise, qui s’étend sur des kilomètres, je prends le temps d’explorer, de traverser de long en large en slalomant entre les voitures et les bus. Mais rien ne me laissera un goût aussi savoureux que celui de ma découverte du Snowman cafe, tout proche de l’axe central de Durbar Square : ancien repère des freaks sur la hippie trail, seule adresse qui y subsiste encore.
Je crois que ces années-là, ces vies-là me font fantasmer. Ces murs imprégnés de rêves, d’espoirs, de drogues et de nuages d’illusions, témoins d’une époque aujourd’hui révolue. C’est vraiment si unique, je ne pense pas retrouver un jour une énergie comme celle-ci, alors je m’en imprègne totalement, du plus profond de mon être.
On ressent ici plus que tout l’âme du lieu – des murs encrassés par les années, les motifs psychédéliques et les graffitis, un fond de reggae en arrière-plan. La jeunesse népalaise branchée venant s’y rejoindre – une ambiance tamisée, peu de lumières, une odeur de tabac froid. Un comptoir d’une simplicité déconcertante, des parts de gâteaux généreuses découpés à même le moule, pour une centaine de roupies seulement, bourrés de sucre et d’authenticité. Ici, aucune prétention, et pourtant, c’est depuis mon arrivée à Katmandou le lieu qui vibre le plus fort. J’y resterais des heures, à observer cette nouvelle génération défiler, qui brûlais le parlement il y a à peine quelques mois. Une société qui bouge, dans la capitale du moins, on ressent cette soif de changement et de liberté. Contraste intéressant après tant de temps passé en Inde du Nord.
Les lieux qui ont une âme, je pourrais les poursuivre jusqu’au bout du monde. Cela paraît d’une simplicité déconcertante, qu’un lieu est un âme ; et pourtant, c’est loin d’être si courant, ils ne sont souvent pas là où on les attend. Mais lorsqu’on en débusque un, recouvert d’une couche de poussière et de mépris mondain, c’est un sentiment d’exaltation si fort, qui transcende tout le reste.
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