Pokhara
✴︎ comme un goût d’artificiel ✴︎

Pokhara, je ne sais pas vraiment quoi en dire, peu d’inspiration pour ce billet, et même mes notes paraissent bien vides, j’y serais pourtant restée tout comptant une semaine.
“Un mélange entre Annecy et Chamonix”, c’est la description que m’en a fait mon père avant que je n’y mette les pieds. Et c’est en effet un portrait assez juste, si l’on omet simplement de préciser que Chamonix et Annecy n’ont absolument rien de népalais, et c’est effectivement l’impression que me donne Pokhara. Je suis sans doute un peu dure, mais en déambulant dans ces rues aseptisées de boutiques et restaurants touristes-friendly à la chaîne, je me demande ce que je fais là.
Je m’étonne de croiser chaque jour de nouveaux touristes qui décident d’y rester plusieurs semaines, parfois même plusieurs mois. J’imagine qu’il y a un certain confort à trouver toutes les commodités de nos petits besoins d’occidentaux.
À Pokhara, je m’y suis sentie à l’opposé de ce qui constitue pour moi être en voyage : avoir les sens en ébullitions, le cœur qui vibre un peu plus fort, le corps en alerte, en exaltation curieuse et en bousculements confus. Dans un petit confort flasque et apathique, voilà l’état dans lequel m’a plongé cette drôle de ville, bien différent de ce que je qualifie d’aventure.
Mais restons concentrés sur la raison première de ma venue ici : un trek, un bébé trek certes, mais un trek quand même. Si l’on en croit l’adolescente que j’étais il y a quelques années qui avais fermement décidé de bannir la randonnée de sa vie, cela constitue en lui seul un exploit. Mon choix s’est porté sur le Mardi Himal : quatre jours d’itinérance, 2 460 m de dénivelée, 4 200 m d’altitude, des vues grandioses sur les sommets himalayens, et un froid de canard la nuit. Le tracé au stylo de mon itinéraire sur une carte topographique fut mon ultime plaisir, de quoi faire doucement rigoler mes parents.


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