07.10.25

Jaisalmer

✴︎ l’odeur transpirante du bus bondé – le chant de la mosquée au loin – les vaches qui défilent sur le bord de la route – un fromage indien qui n’a de fromage que le nom ✴︎

Aujourd’hui, je quitte Jodhpur, il était temps pour moi de partir. Bien que j’ai absolument adoré cette ville et le temps que j’y ai passé, mon dernier jour s’accompagne d’un sentiment d’inconfort, je n’y suis plus à ma place, au point d’en avancer mon départ de quelques heures.

Je fais ce constat étrange : à chaque nouvelle destination, je m’y sens bien, à mon aise, je veux prendre mon temps ; et à partir de l’instant où je ressens que le moment est venu pour moi de partir, dans ce laps de temps qui me sépare du départ effectif, je ne m’y sens plus à ma place, un besoin irrémédiable de bouger, presque une fuite en avant. Peut-être devrais-je enclencher le départ plus rapidement, avant d’en être rassasiée, pour me laisser un goût d’inachevé, qui cristallise l’euphorie du lieu, le fantasme mémoriel. Oui, peut-être… Je n’ai pas encore trouvé mon rythme, je le cherche à tâtons, et je suis étonnamment très en accord avec ça. Je me surprends à être si à l’aise avec l’inconfort. Le travail thérapeutique a payé, c’est certain !

Cesse de digressions, revenant en a ma journée. J’embarque donc, comme à mon habitude, dans un long périple en bus de plusieurs heures. La longueur ici ne me dérange pas, mais le trajet fut particulièrement inconfortable, le bus rempli de tous côtés, trois personnes pour deux sièges, cela fait serré, surtout au bout de 5h… J’arrive indemne dans ma nouvelle destination, heureuse de pouvoir m’étirer de tout mon long.

La ville dorée m’accueille avec toute sa splendeur : je suis bien arrivée à Jaisalmer ! Je suis immédiatement emportée par l’énergie du lieu, si différente de tout ce que j’ai connu jusque-là. Un apaisement infini se dégage de ces longs bâtiments fortifiés couleur sable, presque d’une autre époque, le chant de la mosquée résonne dans la petite ville, je m’y sens apaisée, au ralenti. Ce lieu me parle, comme tant d’autres avant lui, une nouvelle facette de l’Inde s’ouvre à moi, et je suis prête à m’y engouffrer.

✴︎✴︎✴︎

Une réponse à « 07.10.25 »

  1. Avatar de nadiagay
    nadiagay

    Ouh Jaisalmer .. ca a l’air d’etre une grande ambiance .. un peu saharienne .. au bord du désert .. pas loin du Pakistan. Une grande pensée pour Mr leopold .. bisoudou … Mamancha

    J’aime

Laisser un commentaire

  • 13.01.25

    l’odeur des herbes desséchées par le soleil – le brouhaha incessant de l’euphorie indienne – l’immensité magistrale de la prouesse humaine – les souffle coupé devant tant de beauté

  • 08.01.26

    l’odeur du feu de bois qui embaume les confidences – le silence enveloppant d’une cité oubliée – la lumière dorée qui caresse la pierre chaude – le goût acidulé de l’enfance qui fond sous la langue

  • 06.01.26

    le goût de l’odeur d’une tasse en argile – le tintement des cloches des pèlerins – les couleurs des saris et des légumes qui se confondent – les dattes agglutinées de sucre qui collent aux doigts

  • 04.01.26

    l’odeur des premières fleurs de bougainvillier – les enceintes du temple qui grésillent à pleins poumons – le palais illuminé aperçu au loin – le goût unique de l’Inde du Nord

  • 01.01.26

    le calme retrouvé d’une petite ville de campagne – la lumière dorée de fin de journée qui éclaire délicatement les dizaines de temples autour de moi – la douceur sucrée à base de date et de noix de cajou dont j’ignore le nom

  • 29.12.25

    le tableau vivant des bateaux qui ondulent sur l’eau du gange – la brume hivernale qui recouvre la ville – le goût unique du malayo, fondant et aérien – la nostalgie d’un endroit que je n’ai pas encore quitté

  • 11.12.25

    l’odeur de l’encens – le cliquetis feutré des malas – les paysages poussiéreux du Bihar – le goût salé et laiteux du pocha, le thé au beurre tibétain

  • 06.12.25

    le bruit de la ville qui ne s’arrête jamais – les tata trucks peinturlurés de tous côtés – le goût du marché aux fleurs

  • 31.11.25

    l’air pur des montagnes si précieux en Inde – la mélodie d’une flûte qui monte tendrement – les sommets himalayens qui se dévoilent à travers la brume – la tasse de thé fumante qui luit de ses reflets dorés

  • 26.11.25

    le manque de l’Inde

Un brin d’évasion dans ta messagerie à chaque nouvel article