Jaipur
✴︎ ôde à la route ✴︎

Aujourd’hui, je pars pour Bundi. La ville Rose ne m’a jamais semblé aussi suffocante, il est temps pour moi de partir.
Je passe une dernière fois à la boutique de mes amis indiens pour leur dire au revoir, et je file à la gare routière, en espérant ne pas trouver trop difficilement mon bus. Je n’ai pas encore percé les mystères de ce fonctionnement, qui semble-t-il, a ses propres règles, bien opaques pour l’européenne câblée que je suis. Après quelques demandes autour de moi, je finis par m’installer dans un bus en direction de Bundi, j’ai quelques doutes sur le fait qu’il s’agisse du bus que j’ai réservé, mais cela importe peu, tant que je suis dans la bonne direction.
Les 5h de trajets et les multiples arrêts me le confirment, mais cela m’est bien égal, ici le temps s’étire indéfiniment dans un apaisement contemplatif.
Je ne me sens jamais autant en voyage que lorsque je suis en mouvement. Les yeux braqués à la fenêtre, sur les portes du monde, parfois l’air soufflant sur mon visage, c’est tout ce dont j’ai besoin.
Durant des heures durant, tout semble s’arrêter, seule la contemplation compte. Les lourds klaxons qui résonnent, les soubresauts du véhicule sous la chaussée vibrante, rien ne viens altérer mon plaisir profond, presque intime, d’être sur la route. Je me sens plus que tout vivante, apaisée par les flots de l’horizon fantasmé de mon prochain arrêt.
Cela me donne envie de bouger, de me déplacer, par la route, bien plus que je ne l’aurais pensée. Rien n’existe au-delà de cet instant de contemplation muette, le reste entre parenthèses, l’apaisement est total, jusqu’à ce que mon pied touche à nouveau le sol, rompant la magie de la suspension.
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